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Tutoriel photos de tennis en salle. - SV Photo

Tutoriel photos de tennis en salle.

Tutoriel photos de tennis en salle.

Après avoir réalisé un bon paquet d’images pour le tournoi de tennis de Ploemeur, j’ai décidé d’écrire un petit tutoriel pour aborder cet aspect du sport en salle.

Nathalie LAMY tennis Nathalie LAMY tennis

Avant toute chose, il faut savoir que réaliser de bons clichés dans ces conditions ne s’adresse pas vraiment aux débutants, qui pourront toutefois s’y coller mais avec un taux de déchets important. Pourquoi cela ?

Déjà à cause du domaine : le sport.

La photo de sport est exigeante en terme de matériel, surtout concernant la motorisation des objectifs. Cette dernière doit être la plus rapide possible afin de pouvoir faire le point sur des sujets en mouvement. Cela se traduit selon les constructeurs par des normes comme USM (ultrasonic motor) chez Canon ou HSM (high speed motor) chez Sigma par exemple.

Certes cet avantage n’est pas indispensable mais pas loin; on peut en effet contourner ce paramètre en effectuant en avance de phase une mise au point manuelle sur un élément situé à la même distance que le sujet, par exemple un croisement de lignes de court et attendre que le joueur soit dessus pour déclencher…c’est contraignant et très limitatif…

Vous l’aurez compris une motorisation rapide a un coût et se retrouve sur les objectifs haut de gamme donc … chers.

Un autre aspect important de l’objectif est sa luminosité.

En salle les conditions d’éclairage sont très souvent limitées à quelques néons…autrement dit presque rien. Et c’est bien là le problème :

Il nous faut réaliser des prises de vue avec des vitesses assez élevées (ce sont des sportifs, il faut donc figer l’action) avec très peu de lumière. Donc si on admet qu’il faut imposer une vitesse minimum au boitier, disons 1/400ème de s, nous pouvons jouer uniquement sur 2 paramètres pour « récupérer » de la lumière : la sensibilité et le diaphragme.

La sensibilité d’abord, on cherchera la plus petite valeur afin de ne pas trop dégrader l’image. Par exemple on préférera travailler à 1600 Isos plutôt qu’à 3200… Heureusement les photographes fortunés peuvent profiter des récents progrès en la matière, les boitiers d’aujourd’hui font de plus belles images à 3200 isos que ceux d’hier à 1600.

L’ouverture max du diaphragme (ou luminosité du caillou) est lui directement lié aux caractéristiques de l’objectif. On essaiera d’ouvrir au maximum afin de capter le plus de lumière possible en cherchant donc la plus petite valeur de f possible. Encore une fois, c’est le porte monnaie qui tranche : un 70/200 qui ouvre à f2,8 capte 2 fois plus de lumière que son cousin à f4, mais coûte … 3fois plus cher.

En revanche concernant le boitier, l’exigence est moindre : les différences entre les modèles d’entrée de gamme et pro limitent moins le photographe pour faire de bons clichés (on préférera un modèle récent en cas de boitier à moins de 1000€).

Conclusion : si vous voulez faire des images de sport, investissez dans un bon cailloux à mise au point rapide et lumineux (genre un 70/200mm à 2,8) plutôt que dans un boitier pro.

Nous voilà armés d’un bon 70/200 2,8 USM, voyons maintenant comment régler le boitier pour obtenir de beaux clichés sportifs.

En premier lieu, délimiter la plage de sensibilité.

Si en pleine après midi les rayons du soleil percent un toit semi opaque alors tout va bien, nous avons de la marge. Dans ce cas on pourra réduire à 800 Iso sans problème et travailler entre 1/1000 et 1/320 à f2,8.

Si en revanche il est 22h00 et que seuls les néons nous apporte la précieuse lumière, alors il faudra tirer sur les Zizos, entre 1600 et 3200 environ, pour conserver les mêmes paramètres diaph/vitesse. La conséquence directe de la valeur de sensibilité est capitale : la qualité d’image. Il est possible qu’un 800 Isos rende très bien un tirage A3+ alors que 3200 autorise « à peine » un A4, voire moins…

La sensibilité étant réglée, passons aux autres réglages.

Personnellement j’utilise le mode A (priorité ouverture) et le mode M (manuel). La mesure de lumière est pondérée centrale, l’AF sur continu (servo chez Canon) et vue par vue (pas de rafale à cause du bruit). Développons :

Le A fige l’ouverture (2,8 max en l’occurrence) et laisse le boitier associer la vitesse pour bien exposer l’image. Un check rapide dans le viseur pour s’assurer que la vitesse donnée par le boitier suffit à empêcher le flou de bougé disons entre 1/320 et 1/1000 et nous sommes parés pour une bonne série. Le seul inconvénient du programme A (et des autres hors M) est que l’appareil fait une mesure de lumière à chaque déclenchement, et quelques mauvaises surprises peuvent apparaître. Le mode M a l’avantage de figer le couple diaph/vitesse pour une lumière constante. Le soucis est quand il y a des passages nuageux ! Si la lumière varie, le mode M n’est pas le plus adapté…

Mesure de lumière en pondérée centrale : le joueur/joueuse occupe une grande partie centrale de l’image, c’est à mon avis la mesure la plus judicieuse. le spot réduit à un cadrage central et la matricielle (globale) trop « moyenne ».

Enfin l’af est réglé sur continu afin de faire la mise au point constamment sur le visage du sportif, le choix du collimateur est lié au cadrage désiré :

choix colimateur

Le choix du déclenchement vue par et non rafale est préféré pour deux raisons :

1/ la rafale est très bruyante, surtout à 10im/s, je ne tiens pas à déranger les joueurs !! D’autant que je dispose d’un mode S (silencieux) disponible seulement en vue par vue.

2/ En RAW la rafale devient vite ingérable en terme de poids des fichiers et gestion buffer, c’est lourd !

Stabilisation ?

Oui et non : si votre objectif ou boitier n’offre la stabilisation que sur les 2 axes (x,y), laissez tomber, ceci n’est valable que sur les sujets fixes. En revanche si vous disposez d’un second mode de stab sur 1 seul axe, alors oui ! l’appareil stabilisera l’axe qui ne bouge pas (si vous bougez sur x, il stab le y).

Enfin, citons certains autres choix :

RAW ou JPG ?

Le RAW est indiqué si vous dépassez certaines valeurs de sensibilités, personnellement je  systématise au delà de 800 Isos, mais ce choix dépend des perfos de votre boitier. Il permet en effet une meilleure récupération de l’exposition mais au prix d’un encombrement certain.

RAW + JPG permet un aperçu rapide des clichés pour le tri, on exploite ensuite le RAW pour tirer la quintessence de l’image.

JPG permet d’alléger le travail du boitier et de pouvoir déclencher énormément, en revanche la marge de manoeuvre sur la retouche est très inférieure au RAW.

Pour finir,

La prise vue par vue impose de déclencher précisément pour saisir le moment désiré, patience donc, la balle n’est pas toujours dans la raquette au 1/800ème ^^ il est donc important de connaître le type d’image que l’on souhaite obtenir avant de déclencher, remarque également valable pour le choix du collimateur…

Conclusion

La photo de tennis en indoor demande de la technique et un investissement certain pour l’optique. Si votre bourse est réduite, faites des photos en extérieur pour commencer ! Avec du sérieux dans la préparation (emplacement, évaluation des paramètres) et de la concentration, vous devriez arriver à produire de beaux clichés sportifs !

Si vous avez des questions ou des remarques, n’hésitez pas à me contacter 🙂

Finale homme tennis tournoi Ploemeur 2013 Canon EOS-1D Mark III (200mm, f/2.8, 1/800 sec, ISO1600)
Finale homme tennis tournoi Ploemeur 2013

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